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Mars 2020, Trop de douceur ? fr_FR

Mars 2020, Trop de douceur ?

Bientôt mars, la saison du ski ne remontera pas la pente. La mer de glace fond. Sur les pentes domestiquées, la neige se fait désirer. Les canons pacifiques peinent à en blanchir le moelleux. Plus bas, la nuées des fleurs d’amandiers pointe de la pétale le réchauffement systémique. Une virgule biologique tient en haleine le monde entier. Elle tue. C’est sa nature. La nature nous domine. Les frontières, Brexit ou pas, elle les ignore. Les degrés de plus ou de moins, elle s’en fiche. La nature est un concept. Elle ne souffre pas et ne prend jamais de décisions. Ce n’est ni un être ni un objet. Nous ne lui sommes pas assujettis et nous pouvons moins encore la dominer. Nous sommes juste une partie de ce qu’elle est, notre monde. Certains lui nient le droit de s’exprimer. Soit. D’autres l’écoutent comme un oracle. La radio annonce de la neige. On ira quand même skier. Le monde est fou.

Française-avant-tout


Agenda


LYON -Marché de la création – Quai Romain Rolland
Dimanches 8, 15 et 22 mars 2020

PARIS-CHATOU – GMAC – Ile des impressionistes
Vendredi 27 au dimanche 29 mars 2020

STE FOY LES LYON – Visite de l’atelier
Sur rendez-vous: 06 20 22 84 07


Poésie du mois: Mer

J’aimerai, un jour, habiter tout au bord de la mer. Pour quelques saisons, voir vaguer à chaque instant sur son miroir les lumières vertigineuses qui nous attachent à l’infini du ciel. Quand je pense « la mer », je vois ces petits ports bretons encastrés dans le saillies minérales dont ils prolongent le désir de résistance à l’invincible érosion. Je vois les langueurs azurées qu’étale, entre des pins torturés par le vent, comme un appel à la nudité, la calme méditerranée. Diaphane en ses calanques, elle règne à petit flots. Je vois ce rocher noir jaillir de son écrin d’écume sans cesse renouvelé qui borne le monde pacifique de Sans Diego. Aspérité incongrue posée sur un littoral sablonneux,j’y ai marché jadis par un matin de brume tenace. Je vois la lumière blonde à peine froissée d’une plage paradisiaque dont la Corse, où je me suis perdu quelquefois, sait si bien ménager la langueur maternelle au volcanisme des caractères îliens. Je sens l’odeur insistante du port de pêche rustique où le gazole – mêlé d’embruns salés – fait le lit du parfum de glace pilée et de varech. Tandis que sont déchargées au gré de bras et de palans sonores des caisses d’écailles vives, le tout frissonne à nos narines, nos oreilles et nos yeux comme un opéra ordinaire. Au loin, dans le sillage oublié du navire au chalut remonté, la curée s’organise pour les oiseaux marin. Maelström de becs étripant les viscères dessaisies de vie qui flottent entre deux eaux, ils nous crient que nous sommes de passage. La mer, c’est tout cela, jusqu’à l’épuisement, chaque jour renouvelé, de nos désirs de plénitude.