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Septembre 2018- Lire délivre fr_FR

Septembre 2018- Lire délivre

Avant tout, dire un merci générique aux rédacteurs de cartes postale. Vos écritures généreuses ont rendu à ma boite aux lettres sa destination primitive. Ca m’a fait plaisir. Sourire aux lèvres en vous lisant.

Ensuite, saisir les braises de l’actualité et parler pauvres avant le couvre feu. « On » s’intéresse aux pauvres. « On » les voudrait moins nombreux et moins pauvres. C’est beau, c’est bien. Pur discours. Les riches prospèrent, on le sait. Mais on feint d’ignorer qu’il faut une belle poignée de pauvres pour faire un riche et une palanquée de riches pour faire un très riche qui ne paye plus d’ISF. C’est une histoire de longueur de cordée. Le riche procède d’une répartition inégale de deux richesses: celle produite et celle préexistante. Travail et capital. Rémunération du travail et rémunération du capital. Taxation du travail et taxation du capital. Voilà les vraies questions à équilibrer. On ne peux pas les traiter séparément. Autre donnée essentielle mise sous le tapis: l’inégalité des ménages est plus forte coté capital que coté revenus. C’est tragicomique d’entendre nos penseurs politiques recommander que les retraites des travailleurs pauvres se constituent par capitalisation forcée. Leur grande idée? ponctionner les faibles revenus pour alimenter des fonds de pension. La retraite par capitalisation, pour un pauvre, c’est avant tout de possèder son logement. Et ce, le plus tôt possible avant d’arriver à la retraite. J’ai le bon sens irrité: forcer le pauvre à se constituer un bas de laine est pire qu’une maladresse, c’est une malveillance. Mieux vaudrait l’aider à se loger chez lui. C’est ce à quoi il aspire pour ne plus vivre l’angoisse des lendemains désenchantés.

Je suis né pauvre. J’ai vécu ainsi jusqu’au jour où j’ai, récement, terminé de rembourser l’emprunt de mon appartement. Dans la strate sociale où je navigue, c’est la ligne de flottaison. La médiane. On vit chez soi ou pas chez soi. On a peur de couler ou on soigne la couleur de la coque. Moi, je suis vraiment heureux de pouvoir -enfin!- peindre les murs de la couleur qui me plaît et d’y planter des clous pour accrocher autant de tableaux qu’il me chante. Je suis riche de cette liberté. Parfois, je n’en reviens pas. D’autres non plus. Il n’est pas rare qu’on m’interroge sur le métier de peintre par le seul angle pécunier. Questions faites d’étonnement, de curiosité, de perplexité et, parfois, de jalousie. Je comprends tous ces sentiments. Je les ai eus. Je les vis. Depuis presque dix ans que je suis « juste » peintre, on me demande très souvent si « j’en vis ». C’est une bonne question. Elle me travaille le cerveau chaque jour. La réponse est complexe. Je n’ai pas toujours été « juste peintre ». Cependant, lorsque j’ai été salarié, licencié ou en recherche d’emploi, j’ai toujours cherché à être « également » peintre. Colone vertébrale. Amour propre. Conscience de la grâce de vivre. Ca n’a jamais été facile. Si, aujourd’hui, je suis pleinement peintre, c’est grâce à vous qui vous intéressez à moi. Vous m’avez acheté ou m’acheterez des tableaux. Je pourrais continuer à être ce que je suis. Comme vous. Un peu plus convaincu chaque jour d’être à ma juste place. Majoritairement, vous, mes lecteurs, vous pouvez faire comme moi. Vous pouvez planter un clou dans vos murs et y accrocher ce que vous voulez pour, en sus de décorer votre intérieur, dire ce que vous êtes avec sincérité, librement. Je vous y encourage. Je vous en félicite.

Merci de votre lecture et à bientôt,


Lire délivre – Chanson (2009)

Lire des livres c’est essentiel
car dans la vie lire délivre
de milliers de chapelles à vivre
notamment celles tombées du ciel

Les mots si on n’en avait pas
comment dirait-on l’émotion
qui nous laisse parfois sans voix
à peser nos contradictions

Déchiffrer la prose n’a plus cours
la tyrannie des chiffres est là
mais résumé plus tu fais court
plus ta vie n’est qu’un résultat

Entre gens biens qui ont souvent
voix au chapitre et entregent
on est formel: lire c’est du vent
ça coûte sans rapporter d’argent

Quand dira-t-on que c’est exquis
sans crainte du qu’en dira-t-on
de lire aussi bien le marquis
que saint Augustin à tâtons

Allez je vous l’avoue sans fard
même aux plumes décalées je voue
l’admiration que les canards
ont pour Charlie sans être fous


Agenda

7ème Equinoxe des arts sur le marché de la création
LYON – Dimanches 23 septembre – Marché de la création, jusqu’à 15h

PHILADELPHIE (USA)
Marc Hanniet
Depuis le 5 septembre, Carré d’artistes
USA- 104 S. 13TH Street, Philadelphia, PA 19107