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Juin 2018, Amuse bouche fr_FR

Juin 2018, Amuse bouche

Nuit hachée. Remords. Désirs. Sans que je vous écrive, mai a passé. Je me souviens de son muguet et de ses giboulées. Je me souviens d’avoir voulu et d’avoir renoncé. Quelque chose a cloché. Inspiration égarée, volonté pantelante. Ai-je été occupé à ne plus savoir où donner de la pensée ou ai-je procrastiné? Le temps ne m’a pas attendu. Carton jaune. Mea culpa. A l’entame de juin, je suis résolu à faire mieux. Réveillé au mi-temps de la nuit, groggy mais alerte, j’ai mis la main à la frappe. Philippe Roth, l’éternel, a dit que le rôle d’un écrivain est, uniquement, de bien écrire. Je trouve ça extrêmement juste. La seule actualité que je veux commenter est donc sa fin. Il est mort libéré de son oeuvre. C’est une chose importante. La souffrance de l’artiste – je la connais bien- c’est de ne pas pouvoir accomplir ce pourquoi il se sait fait et qui mijote partout et tout le temps dans son esprit. Ecrivain, quel beau métier quand j’y pense. L’art désencombré de toute matière. Juste un peu d’encre d’imprimerie sur du papier ordinaire et le voyage commence. J’ai toujours aimé jongler avec les mots. Dribbler avec les noms communs puis shooter fort dans l’adjectif pour toucher au but véritable. Quel délectation. Je me vois déjà vous écrivant une seconde fois ce mois-ci. Pas pour me punir ni pour respecter la cadence mensuelle. Juste pour le plaisir des prolongations de ce petit jeu auquel j’ai pris goût: vous écrire.

Bien amicalement…. et rendez-vous à l’approche du 16 juin,
Marc HANNIET

Agenda

  • LYON – Dimanches 10, 17 et 24 juin, Marché de la création – Quai Romain Rolland
  • STE FOY LES LYON, Du 8 au 15 juin, Exposition des oeuvres de l’atelier que j’anime – Salle Jean Salles

 


Poésie – Vol

J’ai écrit cette poésie il y a bien vingt ans. Je me souviens qu’elle est venue à moi en ouvrant des volets qui étaient semblables à ceux de la chambre d’enfant que je partageais avec mon frère aîné. J’ai juste eu à poser les mots sur une feuille et il ne m’a jamais semblé nécessaire d’en ajuster les détails.

J’avais un précieux livre
Tous les oiseaux du monde
De leurs plus belles plumes
S’y étaient dessinés.

Je l’observais posé
À plat sur l’heureux bord
De la fenêtre ouverte.

Ses pages sous le vent
Tournaient en frémissant
Comme un battement d’aile.

Moi j’attendais captif
Le filet d’air propice
Pour qu’un jour il s’envole.

Je me suis endormi
En partant pour l’école,
Cette école où les livres
S’épuisent à parler.

Au réveil à midi
Le livre était tombé
Comme on tombe du lit
Du rêve dans l’oubli.

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