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Taipei, ART2016 et découvertes

Taipei, ART2016 et découvertes

Asie

Depuis toujours, elle exerce sur moi une attraction dont je ne sais dire ni la source ni la force mais je sais son nom aux consonances à la fois dures et souples: l’Asie. J’ai attendu cinquante années avant d’en respirer l’air et d’en fouler le sol. Celà aura été à Taipei, cette porte occidentale d’un monde antérieur à l’Europe et qui, paradoxalement, se situe pour nous à l’est du continent. Creuset brûlant de la lutte des pouvoirs, les différentes cultures asiatiques s’y côtoient aujourd’hui d’une manière cristalline. Elle accueille les usages occidentaux avec appétit mais ne se laissera jamais dévorer. Des quelques jours passés à Taipei, je veux retenir que les racines japonaises se mêlent aux chinoises et à d’autres pour tisser un paysage coloré, chatoyant, attirant dont j’aimerai partager quelques surprises, celles que l’on convoite en voyageant.

Voyage

C’est l’apanage des populations aisées de notre siècle: le voyage touristique. Des avions sillonnent le ciel pour assouvir le besoin d’omnipotence de ceux qui les empruntent. Ils desservent quelques milliers de sites qui constituent leur monde et leur permette de le définir comme petit. Ce fameux village dont chaque quartier se trouve à portée d’un coup d’ailes d’aluminium de son voisin. De fait, le monde où circulent les touristes est un minuscule réseau de grandes villes et de littoraux balnéaires. S’éloigner un tant soit peu du maillage de cette toile est une affaire d’aventuriers. Nous voyageons entre les deux: vol sec, hôtel réservé séparément et cartes des transports en communs pour s’imaginer frôler l’inconnu.

Guide

Isabelle avait trouvé un guide touristique francophone sur Taïwan, un seul. Nous l’avons lu dans l’avion. Il manquait un bon morceau des lignes de métro mais quelques indications utiles. Ce n’est pas une destination définie comme étant touristique pour un occidental. Nous n’avons d’ailleurs croisé que peu d’Européens. Les touristes asiatiques, par contre, sont fort nombreux. La ville de Taipei regorge de centres commerciaux rutilants. Ces temples de la consommation sont élevés à leur intention. Toutes les marques du mondent s’y affichent: concours de mise en scène et concerts d’éclairages sur fond de verre, de miroirs et de strass. Nous n’étions pas venus pour ça mais comment les ignorer?

Trésors

Je convoitais de ramener de Taipei quelques fournitures. Notamment un gros pinceau en poney. C’est lors de notre visite au National Palace Museum que nous avons rencontré Julia Woo, à l’étage des peintures. Elle a été immédiatement d’une aide très efficace en posant la question au vendeur de la boutique de souvenirs. Avec une petite recherche sur internet, il nous a donné le nom de la station de métro proche du magasin où dénicher les quatre trésors. Sur place, la propriétaire du magasin, elle même artiste peintre, a été très attentive à mes demandes et elle a accepté de graver elle-même un sceau en pierre que, désormais, j’utiliserai en place de celui en bois dont j’ai fait usage depuis dix ans.

Dépaysement

Dans le métro, il est interdit de boire ou de manger. Nulle poubelle où jeter ce qui vous encombrerait ne serait-ce que les poches. Des grandes pancartes avec le montant de l’amende à qui franchirait les petites barrières pour emprunter le métro sans payer. Personne n’y songe. Des lignes au sol dans lesquelles il est convenu de faire la queue pour entrer dans le prochain train. Avec une limite à ne pas dépasser devant et derrière. Un signal sonore qui fige tous les voyageurs sur le quai alors même que les portes restent grandes ouverte. Notre première réaction d’occidental est de penser que ces gens sont disciplinés, voire qu’ils sont soumis. Mais ne serait-ce pas, tout simplement, le respect des uns pour les autres et la savante notion du temps qui coule pour tous.